6.

6.


Entre deux mondes.




J'ai toujours respecté les règles, j'ai toujours gardé le silence, j'ai toujours joué le jeu en ne laissant rien paraître...
Mais je commence à me rendre compte que ça ne pourra pas durer indéfiniment.

Chaque jour, je me repasse en boucle ce souvenir : le jour où j'ai compris qu'il y avait un truc qui clochait en moi.
Mais je n'avais que 6 ans, comment j'aurais pu deviner l'ampleur que ça prendrait ?
Comment j'aurais pu deviner que ça m'affecterait à ce point ?

Chaque jour, ce sont des nouvelles questions qui naissent.
Que s'est-il passé dans ma tête à ce moment-là ? Qu'est-ce qui a changé après ça ? Est-ce né avec moi, est-ce né plus tard ? Est-ce que mon éducation y a été pour quelque chose ? Est-ce de ma faute ? Où, et à quel moment ça a merdé ? Erreur de fabrication ?
Pourquoi moi ?

Ce n'est pas un choix. Non, on ne m'a pas donné le choix. On me l'a imposé. Et ça me poursuivra toute ma vie. Pourtant j'ai essayé plusieurs fois de me convertir, j'ai essayé d'entrer dans la normalité. Mais ce n'était pas la solution, ça ne changeait rien.

J'ai de plus en plus besoin d'en parler autour de moi. Pas envie : besoin.
Mais ce n'est pas facile. Se livrer, c'est se mettre à nu. Et j'en suis incapable aujourd'hui.
En plus de ça, ce n'est pas vraiment le genre de choses que l'on se dit dans le hall de son lycée, pendant le temps de la récré.
Pourtant aujourd'hui, j'ai tellement l'impression que c'est une évidence, que je me demande pourquoi les autres ne le voient pas.

J'ai tout pour être de bonne humeur : des amis formidables, des frères chiants mais qui me font rire, des bonnes notes à l'école...
Je sais que le jour où je n'irai vraiment pas bien, on ne me laissera pas tomber.
Et pourtant... Il me manque une seule chose. Une seule. Cette chose que les autres ont, sans même s'en rendre compte.
Je les envie, je ressens de la jalousie, de la haine. Et en même temps, de l'espoir.
L'espoir qu'un jour, tout s'arrangera.

J'en ai marre. D'être aussi vulnérable. Qu'on parle de moi de cette façon. D'entendre des allusions à ce « problème » à chaque cours de philo. De ne pas pouvoir passer une soirée à faire la fête sans y penser. De ne pas regarder la télé sans y penser.
De ne pas vivre sans y penser.

Je n'ai pas peur du changement. Au contraire, je n'attends que ça.
J'ai simplement peur de l'incompréhension, j'ai peur de perdre des personnes qui me sont chères, j'ai peur que les regards changent.



Question pour vous faire réfléchir : (Ouais ouais, vive les métaphores, merci House ^^)
C'est quoi le plus important, la lettre, ou l'enveloppe qui la contient ? ...




J'avais besoin d'un câlin cet après-midi.
Mais les trois personnes à être au courant n'étaient pas là...




# Posté le vendredi 27 mars 2009 16:47

Modifié le vendredi 27 mars 2009 17:01

7.



Tout est relatif.


Il a fallu que j'atteigne mes 17 ans pour enfin me rendre compte
à quel point ma vie était géniale, et que ma famille était formidable...



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# Posté le samedi 29 août 2009 18:26